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Télétravail : pour toi qui penses que ce n’est pas un VRAI travail

Toi aussi, tu as déjà dit, ou pensé, qu’une personne qui travaille depuis chez elle a trouvé la bonne planque ? Tu penses peut-être, comme beaucoup, qu’elle passe sa journée en pyjama devant Netflix ? Qu’elle deale à longueur de temps ou qu’elle est en vacances toute l’année ? Tu crois que tu peux passer chez elle sans prévenir ou en appelant 10 minutes avant, ça va elle a le temps… Je ne sais pas qui tu es, je ne sais pas ce qui compose ton quotidien, donc je ne te jugerais pas. Si tu viens lire cet article, je te félicite déjà, parce que tu essaies de comprendre, de découvrir… C’est parti.

Qui sont les vrais télétravailleurs ?

Les télétravailleurs n’ont pas tous le même profil. Certains sont salariés, d’autres ont créé leur entreprise, certains sont parents, mariés, célibataires… Tu y trouveras des rédacteurs web, des SEO, des graphistes, des développeurs, des web master et une foule d’autres métiers. Je ne te cite ici que ceux qui font partie de la même sphère que moi, il y a encore énormément d’autres possibilités pour être télétravailleur dans d’autres domaines. Je vais donc te parler d’une rédactrice web, maman de 4 enfants et auto-entrepreneuse. Si tu supposes que ce profil me ressemble, c’est normal. Autant te parler de ce que je connais le mieux, donc mon quotidien fera parfaitement l’affaire. Je glisserai de temps à autre des éléments faisant partie des journées de quelques amies/collègues lorsque ce sera nécessaire.

Les pires phrases entendues qui énervent les télétravailleurs

Parmi les télétravailleurs que je connais, un tout petit nombre n’a jamais entendu une seule réflexion concernant son travail. Voici donc un petit résumé de celles que j’ai entendu personnellement.

Et toi ? Il faut te supporter tous les jours ou c’est juste pour ce matin ?

Il t’arrive de boire un café chez un ami ? C’est aussi mon cas, trop rarement, mais ça arrive quand même. Je m’étais arrêtée chez une amie, après avoir déposé mes deux plus jeunes enfants à l’école. Une connaissance commune présente lors de ce moment agréable et convivial m’a demandé de lui expliquer mon activité que j’ai donc résumée brièvement, dans les grandes lignes. J’ai été assez surprise quand je l’ai entendue me répondre “Mais tu fais ça tous les jours ? “ avec une moue désapprobatrice. Après tout, est-ce qu’il lui viendrait à l’idée de poser la même question à son boucher, son boulanger ou son médecin ?

Mais pourquoi tant de haine contre les télétravailleurs ?

Un autre jour, j’étais sur le chemin de l’école avec ma fille, l’un de ses amis et sa maman. Je venais d’accepter d’accompagner une sortie sportive de leur classe pour un après-midi. Le petit garçon demandait à sa maman quand elle l’accompagnerait à une sortie scolaire elle aussi. Lorsque je l’ai entendu répondre qu’elle ne pouvait pas parce que “J’ai un vrai travail MOI !” je dois avouer que j’ai serré les dents, fermé ma bouche et décidé d’écrire cet article un jour. Je te passe le reste de leur conversation qui supposait que je ne gagnais pas ma vie et que je n’avais rien d’autre à faire. Avec le recul, je suppose que le fait de devoir répondre par la négative à son fils n’a pas dû être un moment agréable pour elle, mais je pense encore qu’elle aurait pu éviter ce pic bien désagréable. Il faut savoir que pour me permettre d’accompagner une sortie scolaire, je compense ce temps non travaillé le soir ou très tôt le matin. Mes journées à moi aussi ne font que 24 heures, je grignote donc sur mon temps de sommeil. Mais c’est un choix que j’ai fait, en connaissance de cause, lorsque j’ai commencé cette activité.

Et le temps que tu prennes ton café, je te le facture ou tu repasses plus tard ?

Que je sois en train de travailler ou non, je ne suis pas fan des visites imprévues. Cela fait partie de ma personnalité, de mes préférences, tout comme certains n’aiment pas le café, le chocolat ou certains styles de musique. Pour gérer mon travail et ma vie de famille à la fois, j’aime quand les choses, les activités, les déplacements sont organisés, prévus à l’avance. Pour que certains proches ou amis le comprennent, ce fut un long parcours. J’ai eu droit à des “mais ça ne me dérange pas si tu travailles en même temps que l’on discute” ou encore des “ça te fera une pause”. Mais comment dire? Honnêtement, tu as déjà vu une coiffeuse manger des petits gâteaux et papoter avec une copine pendant qu’elle faisait une coloration à une cliente ? Ou même une connaissance de ton notaire venir lui faire un brin de causette pendant un rendez-vous ? Non ? C’est normal, le temps de travail, c’est un temps où je m’occupe de mon activité sous toutes ses formes et pas autre chose. Bien sûr, étant maman et travaillant à domicile, je réponds à mes enfants lorsqu’ils sont présents, mais même eux comprennent que parfois ce n’est pas possible.

C’est tellement beau la famille …

Avant de me lancer en auto-entreprise, je suis passée par un organisme appelé Activ’créa, pour savoir si j’étais apte à m’occuper de toute la partie “gestion” d’une société, pour être sûre de connaître les obligations légales et autres joyeusetés de toute entreprise. Je me souviens d’un petit questionnaire où il m’était demandé si j’aurai le soutien de ma famille, de mes proches… J’ai coché la case oui. Tu me crois si je te dis que j’aurai plutôt dû ajouter une case pour le “ça dépend de leur humeur” ?

Une de mes amies proches m’a dit qu’à cause de l’URSSAF, je ne tiendrais pas 6 mois. Des parents m’ont dit que ce serait bien pour mettre du beurre dans les épinards en attendant de trouver un travail, les parents d’une autre rédactrice lui ont proposé de lui chercher un vrai travail… Comment leur faire comprendre que le VRAI travail, nous l’avons déjà ? Un autre membre de ma famille a “oublié” que je travaillais et a pensé pendant des mois que je vivais du chômage ou du RSA… C’est merveilleux comme confiance, comme reconnaissance, ça fait tellement plaisir, c’est si encourageant.

Et puis il y a ce très proche habitant de ma maison, que je ne nommerais pas (si tu me lis, tu sais que je ne t’en veux plus), qui m’a dit qu’il valait mieux que j’arrête de bosser si c’était pour toujours être en train de travailler. Pour sa défense, j’étais dans une grosse période de stress et complètement débordée à ce moment-là, donc très nerveuse et fatiguée. Devenue irritable, j’en oubliais pourquoi j’avais commencé ce métier qui me passionne et la manière dont j’avais décidé de l’exercer. Cela étant, tout travailleur a des périodes où c’est le “coup de feu”. Je n’irai pas demander à un boulanger de réduire son activité en période de fêtes ou à un restaurateur de fermer son établissement de 12 h à 14 h ou de 18 h à 21 h.

Oui, je travaille sur ordinateur, mais non, je ne suis pas un service après vente

Je ne suis pas la seule dans le cas que je vais te raconter maintenant. Sous prétexte que je travaille sur un ordinateur, que je connais relativement bien le web, certains supposent que je sais parfaitement réparer une box qui rame, un ordinateur, un smartphone ou même une montre connectée… D’autres, pour ne pas trop se fouler, désigne tout télétravailleur responsable de leurs installations. C’est-à-dire que même l’objet connecté le plus simple à configurer nécessitera un déplacement “urgent” à leur domicile pour paramétrer leur smartphone tout neuf, leur chromecast ou je ne sais quoi d’autre. Alors rendre service une fois ou deux, c’est toujours sympa. Mais quand ça devient une habitude pour le moindre de leurs achats électroniques ou légèrement high-tech… Et bien non, stop. Chacun ses compétences, chacun son domaine et surtout, si tu achètes quelque chose, tu fais comme tout le monde, tu lis le mode d’emploi ou tu te débrouilles pour apprendre à t’en servir tout seul. D’ailleurs la plupart des marques ont des services clients, très compétents, qui sauront répondre à tes questions.

Non, mes services ne sont pas gratuits, même si nous sommes amis

Depuis que j’ai commencé mon activité, plusieurs amis ou connaissances ont lancé leur propre société. Suite à mes recommandations, ils ont bien compris l’importance d’une présence sur le web pour leur entreprise. Mes conseils étaient gratuits et amicaux. Ils ne sous-entendaient pas que j’allais réaliser le site vitrine, e-commerce ou la page Facebook, selon le format le plus approprié, en produisant tous les contenus, les prises de vues, les maintenances et tout le reste du travail qui va avec sans y gagner le moindre centime. Là aussi, rendre un service occasionnel et sans conséquence peut être une option. Mais ce n’est ni une obligation, ni un dû. Pour commencer, je suis rédactrice, pas community manager, pas développeur, etc. J’ai des bases de SEO, je connais quelques leviers, mais je serais bien incapable de gérer l’intégralité de la stratégie SEO d’un site. Est-ce que quelqu’un irait demander à un menuisier de réaliser l’intégralité des meubles de sa maison gratuitement juste parce qu’il le connaît bien ? NON. Et bien, c’est pareil pour moi.

Petite parenthèse pour les rédacteurs ou autres télétravailleurs qui rencontreraient ce problème. Ne répondez pas par la négative immédiatement. Proposez gentiment un devis, de cette façon, vous n’avez pas refusé, vous avez juste agi avec professionnalisme. Cela suffit généralement à calmer ceux qui voudraient profiter de vos services pour pas un sous.

Pourquoi ça blesse, ça énerve ou ça fatigue ?

Heureusement, tout le monde n’agit pas de cette façon et mes journées ne sont pas remplies de réflexion de ce genre. Pourtant, quand ces mots arrivent, ça pique. Pourquoi ? Parce que les gens que j’ai en face de moi font partie de ma vie, de mon quotidien, et que, comme je l’ai écrit plusieurs fois, il ne se permettraient pas tout ça pour d’autres corps de métier.

Si tu as déjà dis, ou pensé, l’une de ces choses, par rapport à quelqu’un dont tu es proche, sache que soit cette personne a déjà parcouru suffisamment de chemin pour s’en moquer, soit elle a elle aussi été blessée.

Dans notre société, chaque personne qui a la chance de travailler peut déjà être heureuse d’avoir un emploi, qu’il soit salarié ou non. Certains voudraient travailler, mais ne le peuvent pas, pour diverses raisons. Dénigrer le travail de l’un ou de l’autre, c’est lui manquer de respect. Le travail que l’on fait, le poste que l’on occupe, ne définit pas ce que l’on est, ne dit pas si une personne « vaut » plus qu’une autre.

Dans quelques semaines, cela fera un an que je me suis lancée dans la belle aventure de l’auto-entreprenariat. Des raisons personnelles m’ont poussée à ce choix parce que c’est celui qui convenait à ma vie, à mon quotidien. D’autres télétravailleurs l’ont choisi pour d’autres raisons. Tout comme certains ouvrent leur commerce, leur entreprise ou décident d’être salariés. Ce n’est pas une compétition, une course à celui qui fera mieux que les autres. Le but est de se sentir bien, en adéquation avec ce que l’on souhaite, avec ses valeurs, ses impératifs, pas de correspondre à je ne sais quel idéal imposé par les regards extérieurs.

Les avantages et les inconvénients du télétravail

Là aussi, je ne peux parler que pour moi, que de mon expérience. D’autres personnes auront certainement des arguments différents. Par exemple, certaines personnes choisissent le télétravail, car elles voyagent beaucoup et peuvent ainsi traiter un dossier depuis Paris, puis un autre depuis Shanghai quelques semaines plus tard. Ce n’est pas mon cas. L’une de mes motivations était de rester disponible pour mes enfants. Avec 4 zouaves de 17 à 5 ans, j’évitais ainsi les garderies, les assistantes maternelle et les frais de cantine. Leur métier est merveilleux et utile, et je ne reproche rien aux parents qui leur confient leurs enfants, bien au contraire. Il s’agit là d’un choix purement personnel. Oui, je voulais pouvoir gérer mon temps et m’organiser pour accompagner les sorties scolaires, les récupérer à l’école s’ils étaient malades, etc, etc, etc. C’est un choix. Mais c’est aussi une organisation. Car lorsque je suis en plein travail et que le lycée ou la maternelle m’appelle pour récupérer mon enfant, personne ne peut me remplacer dans ce que j’étais en train de faire. Je n’ai pas de collègues qui peuvent prendre le relais, je ne peux pas repousser la date et l’heure à laquelle je dois rendre mon article. Je réorganise donc mon emploi du temps pour rattraper ce moment d’absence le soir lorsque tout le monde dort ou je me lève plus tôt le lendemain. Il en va de même en cas de visites imprévues ou de tout autre changement dans mon programme.

Si vraiment la deadline est impossible à tenir, je sais que je peux toujours prévenir mon client, lui aussi est un être humain et les cas de force majeure existent. Mais, si je peux éviter de reculer, je le fais. C’est une limite que je me suis fixée, un choix, là aussi.

Le fait de pouvoir travailler à n’importe quelle heure, de gérer mon temps, est un véritable avantage, mais cela peut aussi être un inconvénient. Pourquoi ? Parce qu’il faut s’auto-discipliner. Lorsque l’on est salarié, il est rare de ramener son travail à la maison. On fait ses heures et ensuite, on peut passer à autre chose. On peut parfaitement penser à son travail, mais va-t-on y retourner pour autant ? Non. Je schématise certainement les choses. Mais je me suis déjà vue, me rendant compte que j’avais oublié de répondre à une question d’un client (ou avoir un doute sur l’image que j’avais associée à un article/l’envoi d’une facture/ bien éteint mon ordinateur) et me relever au milieu d’un film/de la nuit, pour vérifier.

Je pourrais encore continuer, mais il en va de même pour chaque personne qui trouve des avantages et des inconvénients au travail qu’elle fait. Si ton travail ne te plaît pas et que tu préfères le mien, lance-toi, personne d’autre que toi-même ne t’en empêche… Tout cela est une question de choix personnels. J’ai fait les miens et ne les regrette pas.

Pourquoi cet article alors ?

Je l’ai écrit dès le début, le but de cet article n’est pas de faire culpabiliser qui que ce soit. Si tu m’as lue jusqu’ici, je pense que tu as déjà compris que tout travail mérite le respect, qu’il ait lieu à domicile, dans des locaux d’entreprise, au milieu de la forêt ou dans la rue. Si tu es toi-même télétravailleur et que tu entends le genre de réflexion que j’ai cité, si l’on agit de cette façon avec toi, tu as le droit d’en avoir assez, d’en avoir par-dessus la tête. Je n’ai pas de formule magique pour que ça passe. Mais saches qu’avec le temps, ça passe quand même. Ne te laisse pas décourager. Tu sais pourquoi tu as commencé ? Tu sais quels sont les avantages que tu y trouves ? Alors reste fixé là-dessus et ne te soucie pas des mots que tu peux entendre. En ce qui concerne les visites impromptues, en revanche, apprendre à dire non, même lorsque ton visiteur est devant la porte, suffit parfois à calmer les choses, à les faire comprendre. C’est aussi libérateur et peut aider à te sentir mieux.

C’est aussi le but de tous ces mots, faire avancer, faire comprendre. Oui, le télétravail, le travail à domicile, est un vrai métier ! Oui, la rédaction web est un vrai métier ! Oui, le travail par Internet peut réellement permettre de gagner sa vie ! Et si tu as lu jusqu’ici et ne l’as pas encore compris…. Tant pis !

Un commentaire

  • Marie Da Cruz

    Excellent article qui reflète tout-à-fait la réalité ! En effet, il n’y a pas si longtemps, on me disait à peu près les mêmes choses. Du style : « Ah ! Oui ! Vous travaillez chez vous mais est-ce que vous arrivez à avoir des horaires normaux ? Vous vous levez bien tous les matins de bonne heure, n’est-ce-pas ?  » ou bien encore : « Dites… Que faites-vous réellement comme métier ? Non ! Parce que voyez-vous, je n’ai toujours pas compris…  » (sic !)
    Autrement dit, nous autres Rédacteurs Web, nous sommes souvent ceux de l’ombre, ceux qui sont du côté obscur de la Force du référencement. Toutefois, grâce à nous, les sites de nos clients évoluent, se perfectionnent et obtiennent pour la plupart, les résultats escomptés… Alors, pas de regrets et tant pis pour ceux qui n’ont pas choisi de faire comme nous. Néanmoins, je pense sincèrement que le télétravail et le statut d’auto entrepreneur restent encore bien méconnus, malheureusement.

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